samedi 14 mars 2026

Parcours militaires (3/3) : les cinq fils dans la Grande Guerre

Après plusieurs années de silence sur ce blog, j’avais envie de reprendre le fil de cette série consacrée aux parcours militaires de cette famille.

En 2016, j’avais évoqué le père, puis les cinq fils à l’aube de la Première Guerre mondiale. Pour refermer cette série, il reste à raconter ce que la guerre leur a réservé.

Lorsque le conflit éclate en août 1914, la fratrie est directement happée par la mobilisation.

En quelques semaines, André et Marie voient partir leurs cinq fils âgés de 21 à 30 ans.
L’aîné, Louis, né le 2 janvier 1884, a alors 30 ans. Marié à Antoinette DAUBROSSE depuis 1908, il est le père d’un petit André, né le 30 mai 1913, qui n’a qu’un an au début du conflit.
Vient ensuite Claude, né le 28 décembre 1885, âgé de 28 ans. Il a épousé Marie MOINE le 29 août 1910.
Jean, né le 21 mars 1888, a 26 ans lorsque la guerre commence. Marié depuis le 2 décembre 1911 à Augustine POTTIER, il est déjà père de famille : leur fils André, mon grand-père, est né le 16 octobre 1912.
Les deux plus jeunes frères sont Louis Henri, né le 26 mai 1891, âgé de 23 ans, et Jean Claude, né le 15 août 1892, qui n’a pas encore 22 ans au moment de la mobilisation.

Louis et Jean sont mobilisés dès le début du conflit, Claude les rejoint le 1er novembre 1914, tandis que Louis Henri et Jean Claude sont déjà sous les drapeaux lorsque la guerre éclate.

Derrière les mentions administratives des fiches matricules, on devine déjà ce que cela représente : non seulement deux parents voyant partir leurs cinq fils, mais aussi des épouses, de jeunes enfants, et toute une famille suspendue à l’attente de nouvelles.

On imagine difficilement l’angoisse qui a dû être la leur. À l’été 1914, comme tant d’autres familles, ils ne savent pas encore que la guerre sera longue, meurtrière, et qu’elle frappera leur foyer de plein fouet.

L’année 1915 est particulièrement terrible.

Le 16 février 1915, Claude est porté disparu au ravin des Meurissons, en Argonne. Pendant plusieurs mois, sa famille reste dans l’incertitude. Est-il mort ? blessé ? prisonnier ? Il faut attendre le 8 juillet pour qu’un avis le signale prisonnier à Coblence, puis le 17 juillet à Quedlinbourg. Un nouvel avis, daté du 27 février 1916, le situe ensuite à Zerbst. Claude ne sera finalement rapatrié d’Allemagne que le 18 janvier 1919. Derrière ces quelques mentions administratives, on devine de longs mois d’attente, d’inquiétude et d’espoir pour ses proches.

Mais Claude n’est pas le seul fils frappé cette année-là.

Le 6 avril 1915, Louis Henri est blessé à Bois-d’Ailly, dans la Meuse, et succombe à ses blessures. Quelques mois plus tard, le 16 juillet 1915, son frère Jean Claude est tué à l’ennemi au même endroit. Deux frères morts dans le même secteur, à quelques mois d’intervalle : la guerre s’acharne sur cette famille. Tous deux seront déclarés « morts pour la France ».

Louis, lui aussi, paie un lourd tribut. Le 18 avril 1915, il est blessé à la tête à Notre-Dame-de-Lorette par un éclat d’obus. Les suites sont graves : le 24 juillet 1915, il est réformé avec une pension de 5e classe pour trépanation. Bien plus tard, un arrêté ministériel du 13 mai 1927 lui attribuera la médaille de guerre.

Jean, enfin, ne sort pas indemne du conflit. Le 6 juin 1915, la commission des trois médecins de Bourges le fait passer dans le service auxiliaire. Le 27 août suivant, il est admis à l’hôpital pour une méningite cérébro-spinale, avant de rentrer au dépôt le 15 novembre 1915. Il est finalement envoyé en congé de démobilisation le 10 avril 1919.

Pour André et Marie, le bilan est terrible. Sur leurs cinq fils, deux sont morts pendant la guerre. Un troisième, Claude, a disparu pendant des mois avant que l’on apprenne sa captivité en Allemagne. Un quatrième, Louis, revient grièvement blessé. Quant à Jean, son état de santé l’éloigne lui aussi du service actif.

À travers le destin de cette fratrie, c’est toute la violence de la Première Guerre mondiale qui apparaît. Derrière les fiches matricules et les mentions administratives, il y a une famille éprouvée, des mois d’attente, des blessures, des deuils, et cette angoisse indicible de parents voyant leurs cinq fils engloutis par la guerre.

En reconstituant aujourd’hui le parcours de ces cinq frères, je découvre bien plus qu’une suite de dates et de mentions militaires. Je retrouve des hommes jeunes, âgés de 21 à 30 ans en 1914, dont plusieurs étaient déjà mariés, et dont deux étaient déjà pères.

Cette histoire m’est d’autant plus proche que Jean est mon arrière-grand-père. Marié à Augustine POTTIER depuis 1911, il était le père de mon grand-père André, né en 1912. Mon père, né en 1942, a bien connu Jean, mort en 1968. Pourtant, il ignorait totalement que son grand-père avait participé à la Première Guerre mondiale.

Plus surprenant encore, dans les souvenirs familiaux, mon père comme ma grand-mère pensaient que les deux frères morts pendant le conflit étaient les aînés. Les archives montrent au contraire que ce sont les deux plus jeunes, Louis Henri et Jean Claude, qui ont été tués en 1915, à quelques mois d’intervalle, au même endroit, à Bois-d’Ailly.

J’ai l’impression que, dans la famille, cette guerre est longtemps restée un sujet presque tabou. Peut-être par pudeur. Peut-être parce que la douleur, les blessures et les deuils étaient trop lourds à transmettre.

Les archives ne disent pas tout, mais elles permettent au moins de redonner une place à ceux dont l’histoire s’était peu à peu effacée des mémoires familiales. À travers ces quelques lignes retrouvées dans les registres militaires, ce sont cinq frères, leurs parents, leurs épouses et leurs enfants qui réapparaissent peu à peu derrière l’Histoire.

lundi 1 janvier 2024

#ancêtres_oubliés : Marie Françoise HUSSENOT (1803-1837)

Comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog, pour chaque couple de mes ancêtres, j’aime à reconstituer la cellule familiale en essayant de retrouver l’ensemble de leurs enfants, le mariage des ces derniers et autant que faire se peut, les enfants de ces derniers.

J’ai ainsi l’impression de sortir de l’oubli les individus restés sans descendance, de leur redonner une existence. C’est le cas des enfants très nombreux décédés très jeunes, dans leurs premières années mais aussi de ceux, parvenus à l’âge adulte et pourtant mariés, sur lesquels le sort semble s’être acharné.

Je vais ainsi vous parler de Marie Françoise HUSSENOT. C’est ma petite fierté généalogique de ces derniers jours de l'avoir trouvée car elle n’apparaît pas dans les arbres généalogiques présents sur Geneanet. La plupart ne comporte que ses 5 frères et sœurs, elle semble quant à elle régulièrement oubliée.


Les parents de Marie Françoise

Anselme Jacques François HUSSENOT voit le jour à Athis-de-l’Orne, commune située au nord-ouest du département de l’Orne, à proximité du Calvados. Je lui ai pour l’instant trouvé 5 frères et sœurs mais d’après un arbre Geneanet, il ferait partie d’un fratrie de 11 enfants. Ses parents sont Guillaume HUSSENOT et Marguerite DEMOMBRAY.

Claire Françoise DUCLOS est née le 21 août 1767 à Saint-Omer situé au sud du département du Calvados. Elle est la quatrième d’une fratrie de 10 enfants. Ses parents sont François DUCLOS et Renée CHAMPIN.

Athis et Saint-Omer sont distants d’une petite vingtaine de kilomètres.
Situations de Athis-de-l'Orne (le plus au sud) et Saint-Omer en Normandie - site Geoportail


Claire et Anselme se marient à Saint-Omer le 15 messidor an VI (3 juillet 1798). Je ne connais leur date de mariage que grâce aux tables décennales, en effet les registres de mariage des 4e, 5e et 6e année républicaine sont manquants sur le site des archives du Calvados.

À l’issue du mariage, ils s’installent au village de la Bunelière, à Athis de l’Orne, qui semble être le berceau de la famille Hussenot, des descendants y vivaient encore du temps de mon enfance (j’ai moi-même grandi à Athis).

Hameau de la Bunelière de nos jours - Google Street View


Selon les actes, le nom de famille est écrit HUSSENOT, HUSCENOT ou encore HUSNOT. Cette dernière orthographe est celle qui s’est fixée dans la seconde moitié du 19e siècle et qui est portée par les nombreux descendants encore présents à Athis.

Pour mes recherches, je me suis attachée à retranscrire le nom tel qu’il est écrit dans les actes de naissance et/ou tel qu’il est écrit par les individus eux-mêmes au moment de signer, c’est ainsi que j’ai le souvenir d’un acte de mariage sur lequel trois frères ont signé chacun avec leur orthographe propre…


La fratrie de Marie-Françoise

Claire et Anselme vont avoir 6 enfants, tous nés à la Bunelière.

- François Gabriel HUSCENOT, mon ancêtre, né le 29 floréal an VII (18 mai 1799)

- Jean HUSNOT né le 2 nivôse an IX (23 décembre 1800)

- Marie Françoise HUSSENOT née le 20 ventôse an XI (11 mars 1803)

- Louis HUSCENOT, lui aussi mon ancêtre, né le 6 prairial an XIII (26 mai 1805)

- Claire HUSCENOT née le 23 novembre 1807

- Anne HUSCENOT née le 14 janvier 1811

Claire décède célibataire à 66 ans en 1874, Anne décède à seulement 4 ans en 1815.

François, Jean et Louis se marient et auront une descendance. La benjamine de François, Victoire épousera l’aîné des enfants de Louis nommé Louis lui aussi. Ce sont mes ancêtres.


Marie Françoise

Marie Françoise épouse à 28 ans, Charles Casimir CHAUVIN, 33 ans, à Athis le 8 novembre 1831. Charles est originaire de Saint-Georges-des-Groseillers situé à moins de 10 kilomètres d’Athis. Charles est tisserand, ils s’installent au village de la Bunelière.

Hameau de la Bunelière de nos jours - Google Street View

Deux enfants naissent de cette union : Marie le 10 août 1832 et Justine le 27 octobre 1836.

Marie Françoise décède moins de 6 mois après la naissance de sa deuxième fille, le 20 avril 1837, elle avait seulement 34 ans.

Son mari décède à son tour à seulement 42 ans le 30 décembre 1840.

Marie et Justine sont donc orphelines à 8 et 4 ans.

Marie s’éteint à son tour à seulement 11 ans le 29 février 1844.

Justine se retrouve seule alors qu'elle n'a pas encore 8 ans. À 20 ans, le 15 avril 1857, elle épouse Louis DELOZIER, 28 ans, et ils s’installent dans le fief familial à la Bunelière.

Une petite fille y naît le 19 novembre 1858 : Justine Amanda. Hélas, la petite fille décède à seulement 2 ans le 27 juin 1861, sa maman Justine la suit de peu : elle s’éteint le 6 août 1861.

C’est ainsi que s’éteint la descendance de Marie Françoise.

dimanche 15 mai 2022

Je suis taphophile

Oui, je suis taphophile, et peut-être bien que bon nombre de généalogistes amateurs le sont aussi (sans peut-être le savoir!).

Oui, cela sonne un peu comme un aveu aux alcooliques anonymes.

Mais non, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un aveu honteux !

La taphophilie est une passion ou un intérêt prononcé pour les cimetières, car oui, j’aime me promener dans les cimetières, sûrement une déformation de généalogiste !

J’aime surtout les vieux carrés, là où subsistent de vieilles, voire très très vieilles tombes.

Et fatalement, je suis allée visiter celui de ma ville qui se situe à moins de 500m de chez moi.

Il est situé à flanc de colline et la vue porte loin.




Et comme dans tout cimetière y subsiste de très veilles tombes en plus ou moins bon état.













Et vous, êtes-vous taphophile ?

dimanche 1 mai 2022

#EpineGénéalogique Charles « Prosper » PASQUIER

Quand j’ai commencé la généalogie de mes filles, j’avais remonté vite les lignées d’ascendance sans vraiment chercher les collatéraux.

Comme je l’avais expliqué dans cet article (clic!), j’ai changé de paradigme, et j’ai décidé de tout reprendre pour reconstituer les familles.

C’est ainsi que je me suis récemment intéressée au couple Pierre François PASQUIER et Félicitée LALLIER, les ancêtres à la 9e génération de mes filles (sosas 288 et 289).


Première difficulté pour ce couple, c’est qu’ils se promènent à cheval sur 3 départements : Orne, Calvados, Eure. Le fait que Pierre François soit qualifié tour à tour de « meunier », « maître meunier », « garde-moulin » y est certainement pour quelque chose, il devait se déplacer de moulin en moulin en fonction des baux.

Deuxième difficulté, le nom de famille orthographié de bien des manières différentes selon les actes et les rédacteurs de ces actes.

Dans la recherche de cette famille, j’ai ainsi croisé :

- « Paquer », sur l’acte de mariage.

Graphie du nom de Pierre François dans son acte de mariage
Les Moutiers-En-Auge - 29 pluviôse an X


- « Patier » pour la naissance de sa première fille en l’an XI , alors que dans le même acte, le rédacteur écrit son nom comme au mariage.

Graphie du nom de l'enfant dans son acte de naissance
La Chapelle-Souquet - 1 nivôse an XI

Graphie du nom de Pierre François dans le même acte

À son décès, 14 jours plus tard, Reine Adelle est nommée « Pasquer ».

- « Paquier » : Le premier fils de Pierre François né l'an XII, Victor Auguste, l’ancêtre de mes filles, a perdu le « S » mais a gagné un « I »  tandis que dans le même acte, il lui est attribué le patronyme « Pasquier »

Graphie du nom de l'enfant dans son acte de naissance
La Chapelle-Souquet - 21 brumaire an XII

Graphie du nom de Pierre François dans le même acte

- « Pastié » : en 1806, pour la naissance de son deuxième fils, nom qu'ils conservent au décès de ce dernier en 1807.

Extrait acte de naissance
La Chapelle-Souquet - 6 octobre 1806

Toutes ces graphies différentes ne favorisent pas les recherches !



Pierre François est né dans l’Orne, à la Roche-Mabille, Félicitée est originaire de La Chapelle-Souquet dans le Calvados.

Ils se marient aux Moutiers-en-Auge dans le Calvados le 29 pluviôse an X.

Dans un premier temps, je leur ai trouvé trois enfants nés à la Chapelle-Souquet, deux y sont décédés :

- Reine Adelle : 1 nivôse en XI – 15 nivôse an XI
- Victor Auguste : 21 brumaire an XII
- Charles Zéphir Manuel : 6 octobre 1806 – 18 octobre 1807


Grâce aux indexations de Filae, je retrouve le décès de Félicitéé dans l’Eure, à Réville, le 28 août 1828.

Cette commune de l’Eure se situe à environ 43 kilomètres à l’est de la Chapelle-Souquet, Pierre François est toujours meunier, on peut donc supposer que c’est son métier qui l’a amené là.

Dans la même commune, 2 ans plus tard, je trouve un second mariage pour Pierre François, il a 55 ans, est qualifié de « maître meunier » et épouse Marie Victoire DECHAUFFOUR qui a seulement 21 ans.

Il aura 3 nouveaux enfants avec elle :

- Victoire Rosalie (1831-1884)
- Angélique Félicité (1834-1866)
- François Émile (1835-1882)

La première est née à Réville, les 2 derniers à Broglie (Eure).

Et c’est à Broglie, que je trouve le décès de Pierre François le 10 mars 1838.


Toujours grâce aux indexations de Filae, je trouve le mariage d’un certain Charles Prosper PASQUIER à Verneusses (Eure) avec Olimpe Marguerite LESAGE le 22 juillet 1830.

Charles Prosper est bien le fils de Pierre François et Félicitée LALLIER.

Sur cet acte de mariage, il n’est pas indiqué ni lieu, ni date de naissance, on apprend juste qu’il a 21 ans, et est donc né vers 1809 et qu’il est, comme son père, meunier.

J’ai trouvé 2 enfants issus de ce mariage : Aimable Florine né 1 mois avant le mariage en 1830 à Verneusses et Eugène Auguste en 1832 à Réville

Dans un premier temps, je vérifie les registres de naissance des communes de La Chapelle-Souquet et de Réville autour de l’année 1809, il n’apparaît ni dans l’une, ni dans l’autre.

Toujours grâce à Filae, je trouve son décès le 16 août 1881 à Épinay dans l’Eure.

Sur cet acte, il est dit époux de Delphine Rosalie CHOINE et né le 1er novembre 1808 à Fontaine-Les-Bassets dans l’Orne.

Je me précipite donc dans les registres de Fontaine-Les-Bassets mais point de naissance Pasquier dans ces registres, ni Patié, Pakié, Paquer…

J’ai alors l’idée de chercher son mariage avec Delphine Rosalie.

Je le trouve le 21 juin 1879 à Ferrières-Saint-Hilaire (Eure), encore une fois grâce aux indexations Filae et en cherchant avec le patronyme LECHOINE pour Delphine Rosalie.

Il a alors 70 ans, elle en a 44.

J’espère enfin trouver plus d’infos sur ses date et lieu de naissance.

Mais, là, énorme surprise !!

Le mariage est enregistré avec l’identité de Charles Zéphir Manuel PASTIÉ né le 6 octobre 1806 à La Chapelle-Souquet.

Sauf que Charles Zéphir Manuel est décédé en 1807 âgé de 1 an !

Si le mariage est enregistré sous ce nom, c’est qu’un acte de naissance à ce nom a été fourni.

Charles Prosper ignorait-il son lieu de naissance, a-t-il fait une demande à la mairie de La Chapelle-Souquet où étaient nés ses frères et sœur, qui en cherchant a fourni le seul « Charles » trouvé ?

Toujours est-il que la correction a été faite puisqu’il est bien enregistré sous vrai nom lors de son décès 2 ans plus tard.

Mais avec une date de naissance introuvable dans les registres du lieu indiqué.

Et là, toutes mes recherches via Filae sont restées vaines : où est né Charles Prosper ?

Pierre François et Félicité ont-ils eu d’autres enfants ailleurs ?

Où sont-ils allés entre La Chapelle-Souquet où décède leur troisième enfant en 1807 et Réville où décède Félicitée en 1828 ?

Sont-ils passés par l'Orne comme le laisse supposer le lieu de naissance indiqué dans l'acte de décès de Charles Prosper ?  

Je n’ai rien trouvé non plus sur Geneanet, personne d’autre que moi ne semble s’être intéressé à cette famille.

J’aurai peut-être une chance de trouver trace des différents baux passés pour l’exploitation des moulins mais il faudrait pouvoir chercher dans les trois départements en se déplaçant aux archives concernées…

Je vais donc rester pour l’instant avec cette belle épine !


Sources :

mercredi 1 décembre 2021

#ChallengeAZ 2021 : le résumé

Le challengeAZ est une idée de Sophie BOUDAREL initiée en 2013 et reprise depuis 2020 par Geneatech.

Il consiste à publier sur son blog un article chaque jour sauf le dimanche, pendant un mois, sur le thème de la généalogie en suivant les lettres de l'alphabet.


J'y avais participé une première fois en 2017 : la récap' des articles de 2017.

Mon challenge AZ 2021 a eu pour fil rouge des tables écrites par l'abbé Gost retraçant la vie de la paroisse de Saint-Omer (Calvados) entre 1641 et 1751.

Lien vers le registre 1641-1751 sur le site des archives départementales du Calvados : https://archives.calvados.fr/ark:/52329/vhn7d9lrzc05/5d020347-7171-4bd0-9021-ae07d5db66f8

Voici les liens de tous les articles écrits au cours de ce challenge :

A comme André GOST, chanoine régulier de l’Abbaye du Val

- B comme Bâtards

C comme Curés, moines et religieuses...

D comme « Dit » ou les surnoms

E comme Église





















mardi 30 novembre 2021

#ChallengeAZ - Z comme Zoom sur mes ancêtres

Évidemment, si je me suis un jour intéressée à ces tables, c’est parce que quelques uns de mes ancêtres sont originaires de cette commune.

Quand j’avais débuté mes recherches, ces tables m’avait beaucoup aidée pour reconstituer la famille avant de compulser les registres paroissiaux.

Je les ai retrouvé sur 5 générations à partir de François DUCLOS né en 1727.



J’avais parlé du grand-père de François, Michel DUCLOS à l’occasion d’un RDVAncestral . 


Un mystère demeure, je n’ai pas retrouvé dans les tables (ni dans les registres d’ailleurs) la naissance de Anne VOISIN, épouse de Michel DUCLOS et grand-mère paternelle de François.

J‘ai pourtant trouvé dans les tables les naissances de 6 de ses frères et sœurs avant et après sa naissance. Il me manque aussi la naissance d’une de ses sœurs dont j’ai bien trouvé le mariage.


Les 2 sœurs sont probablement nées dans une autre commune : mais laquelle et pourquoi ?


Il manque donc les lieux de naissance de Anne vers 1666 et celle de Marie vers 1672.

Je pense (j’espère) que la clé se trouve dans des registres notariés que je pourrais consulter un jour aux archives départementales du Calvados.

lundi 29 novembre 2021

#ChallengeAZ - Y comme Y avait pas de temps à perdre !!

Au XVIIIe siècle comme de tout temps, il arrivait que les enfants soient conçus en dehors d’un mariage. (voir l’article de la lettre B).

Si certains gardaient un statut de « bâtards » tout au long de leur vie, d’autres étaient légitimés par le mariage de leurs parents.

Et parfois, le mariage intervenait avant la naissance afin de rendre cette naissance légitime.

Pour Saint-Omer, 17 enfants ont été conçus avant le mariage de leurs parents.

Pour 6 d’entre eux, le mariage des parents est intervenu pendant le 1er trimestre de grossesse, le minium étant 2 mois.

Pour 7 autres, les mères éteint entre 3 et 6 mois de grossesse

Pour les 4 derniers, la grossesse était bien plus avancée et il n’y avait plus de temps à perdre !!

Ainsi, Anne TAHÈRE est née le 24 février 1675 alors que le mariage de ses parents Vincent TAHÈRE et Marguerite VOISIN a été célébré le 3 février, soit 21 jours avant.

Pour Jean VOISIN et Jeanne VOISIN, le timing était un peu plus serré puisque marié le 15 mai 1691, leur fils Michel VOISIN est né le lendemain, le 16 mai.

Quant à Anne AUMONT, elle est née le 14 mai 1693 , le jour même du mariage de ses parents Pierre AUMONT et Louise ONFRAY !



Et enfin, Nicolas AUMONT lui n’a pas attendu, il est né le 9 juin et ses parents Jean AUMONT et Marie Anne LEBARON se sont mariés 2 jours plus tard, le 11 juin 1733.


samedi 27 novembre 2021

#ChallengeAZ - X pour les « sans prénom »

Quand les enfants décédaient avant le baptême, il ne recevaient pas de prénom.

Par cet article, je vais tenter de sortir de l’oubli ces enfants sans prénom.

Le 25 mai 1686, né et décède une fille pour Louis HUBERT et Claude VOISIN


Une fille pour Thomas HAYE et Jacqueline HUBERT née et décédée le 2 juillet 1690


Une fille pour François FORTIN et Anne AUMONT née et décédée le 24 septembre 1691


Une fille pour Adam HUBERT et Marie FORTIN née et décédée le 27 septembre 1693


Deux enfants jumeaux pour Jean DUVAL et Anne GRESILLE nés et décédés le 19 janvier 1723


Un fils pour Jean BRUNET et Magdeleine FORTIN né et décédé le 7 novembre 1730


Un fils pour François HEBERT et Marie Magdeleine DUFAY né et décédé le 8 décembre 1732


Un fils pour Nicolas VOISIN et Anne LEPETIT né et décédé le 30 septembre 1735


Parfois, l’enfant avait eu le temps d’être ondoyé tel que le fils de René BELLET et Marie LERAN


Parfois, le manque de prénom semble dû à l’ignorance du rédacteur :

Une fille LHOMME née le 2 aout 1675


Une fille BIN née le 12 juillet 1676


Un fils BRUNET né le 24 juillet 1716

vendredi 26 novembre 2021

#ChallengeAZ - W comme Who are you ?

Mais qui est donc saint Omer qui donne son nom à la paroisse ?

Audomar, connu plus tard sous le nom de saint Omer serait né aux environs de l’an 600 à Orval près de Coutances, dans la Manche.

Il est nommé évêque par le roi Dagobert 1er. D’abord de Noyon-Tournai, puis de Thérouanne. Il fonde un monastère près de Thérouanne, c’est là que la ville de Saint-Omer (Pas-de-Calais) va s’édifier.

Il meurt aveugle le 1er novembre 670.

Il est invoqué pour les troubles de la vue. À Orval où il est né, il est invoqué pour remédier aux troubles intestinaux.

Quelques localités en France portent son nom, dont Saint-Omer dans le Calvados qui nous intéresse au cours de ce challenge.

Dans tous le registre, j’ai trouvé un seul enfant baptisé Omer. Il s’agit de Omer HUBERT fils de Daniel HUBERT dit Lépine et d’Anne FOUQUES né le 1er janvier 1705.



Sources :


jeudi 25 novembre 2021

#ChallengeAZ - V comme Voleurs ?

Une galère est un type de navire à rames et à voiles qui naviguait essentiellement en mer Méditerranée. Au Moyen-Âge, les rameurs de galère étaient volontaires. Au milieu du XVe siècle, avec l’essor des échanges commerciaux en Méditerranée, le nombre de galères augmente en même temps que leur taille, ce qui impliquent plus de rameurs et bientôt la pénurie.

C’est à partir de ce moment qu’on commence à prélever des condamnés dans les prisons pour servir de rameurs et bientôt cette ponction se transforme en peine de justice et dès les XVIe siècle, on condamne directement aux galères.

Pour la France, les galères avaient pour quartier général Marseille où se trouvait un arsenal des galères et où résidait l'intendant des galères. Elles allaient en même temps à la voile et à la rame. Les rames, très longues (douze mètres), étaient manœuvrées par cinq rameurs. Il y avait 51 bancs de rame sur une galère « ordinaire » (26 à droite et 25 à senestre), soit 255 rameurs.

Le corps des galères disparaît en France en 1748.

La condamnation aux galères est à la fois une réponse face à la déviance, mais aussi une manière, pour le roi Louis XIV, de marquer sa puissance sur l'ensemble de ses sujets, y compris le bas peuple et les opposants religieux (huguenots) au roi.

Deux paroissiens de Saint-Omer ont apparemment été galériens et sont décédés à Marseille.


Michel DUVAL est le fils de Jean et de Gabrielle DUCLOS, il est né le 24 juillet 1667.

Il se marie le 24 mai 1690 avec Magdeleine BOISSAYE avec laquelle il aura 6 enfants entre 1691 et 1706.


Il meurt à l'hôpital de Marseille le 1er mai 1717 « étant arrivé à Marseille sur la galère le 28 juillet 1711 ».


Pierre DUVAL est un des fils du précédent. Il naît le 6 novembre 1700.
Il épouse Marguerite ROGUE en 1724, 3 enfants naissent à Saint-Omer.

Il meurt à l’hôpital de Marseille le 28 novembre 1741 après être arrivé « en la galère » le 2 octobre précédent.



Qu’est-ce qui a valu à Michel et Pierre de se retrouver sur les galères ?

Avaient-ils commis des vols ? Tel Jean Valjean dans Les Misérables de Victor HUGO.

Ou bien étaient-ils protestants ? Une importante communauté protestante vivait dans la région….


J’ai tenté de retrouver leurs actes de sépultures dans les archives de Marseille mais ignorant complètement dans quel quartier ils sont décédés, j’ai été découragée de consulter et chercher parmi la cinquantaine de registres existants pour chaque année…

Peut-être l’hôpital mentionné est-il l’hôpital royal des forçats ? 

Si quelqu’un a une idée pour trouver plus d’informations sur ces 2 hommes, je prends !


Sources :




mercredi 24 novembre 2021

#ChallengeAZ - U comme Unions

Il est courant d’entendre « autrefois, on se mariait jeune ! »

Mais qu’en est-il vraiment ?

Voyons l’exemple de Saint-Omer.






La plus jeune mariée du fichier est Magdeleine GUÉRIN, fille de Guillaume GUÉRIN et Jacqueline GRAFFARD. Née le 19 janvier 1716, elle se marie le 21 février 1732. Elle a donc 16 ans, 1 mois et 2 jours. Son époux est Thomas BRUNET qui a 27 ans.

3 autres jeunes filles se marient l’année de leurs 16 ans :

- Anne LEPETIT se marie le 9 mai 1726 âgée de 16 ans 3 mois et 15 jours. Son époux Nicolas VOISIN a 22 ans.

- Jacqueline GRAFFARD épouse Guillaume GUÉRIN, 26 ans, le 11 février 1709. Elle a alors 16 ans et 10 mois.

- Geneviève HÉBERT a 16 ans, 10 mois et 12 jours lorsque qu’elle épouse Jean DUCLOS, 22 ans, le 17 octobre 1705.

Du côté des hommes, le plus jeune marié est Guillaume VOISIN, il est le fils posthume de Pierre VOISIN et de Marie LIÉGARD.



Même si on ne connaît pas sa date de naissance exacte, en se basant sur la date de décès de son père, il a moins de 15 ans 10 mois et 1 jour lorsqu’il se marie le 13 juin 1697 avec Magdeleine FORTIN, âgée de 20 ans, 6 mois et 23 jours.

Après lui avoir donné 12 enfants, sa femme décède à 42 ans en 1719, il se remarie à 39 ans en 1720 avec Marguerite LEMONNIER âgée de 56 ans. Lors de ce second mariage, il n’est pas indiqué que l’épouse soit veuve. Avec ses 56 ans, Marguerite serait donc la mariée la plus âgée à sa première union mais aussi toute union confondue.


Le marié le plus âgé à sa première union est Étienne GOUBERT, dit La Croix. Il a 47 ans lorsqu’il épouse Adrienne TRUFFAUT le 7 février 1709. On ignore l’âge de cette dernière mais elle est veuve de Pierre VOISIN qu’elle avait épousé en 1697. Ils auront un enfant en 1711 et Adrienne décédera en 1716.


Si on regarde toute union confondue, le plus vieux marié est Michel FORTIN, dit Harlequin, qui a 60 ans lors de son deuxième mariage avec Magdeleine GUÉRIN âgée de 29 ans le 29 mai 1749. À sa première union, il avait déjà 43 ans.

mardi 23 novembre 2021

#ChallengeAZ - T comme Terrain

L’église de Saint-Omer possédait quelques terres qu’elle mettait en affermage.

Le 26 juin 1660, une pièce de terre est affermée pour 3 ans.

La première année à Paquet VOISIN et les 2 suivantes à René HUBERT, dit Lépine.

Paquet VOISIN devra fournir en échange à l’église cinq boisseaux de seigle tandis que René HUBERT devra fournir chaque année cinq boisseaux et demi d’avoine.

La pièce de terre a une surface d’au moins 3 vergées.



Un boisseau correspond à un volume d’un peu moins de 13 litres, soit environ 65 litres pour 5 boisseaux et environ 71 litres pour 5 boisseaux et demi.

Une vergées (ou verge terrain mesuré à la verge soit 1/4 d'arpent) correspond à 1276m², la terre en question mesurait donc un peu plus de 3 828 m².

Il n’est pas aisé de trouver les rendements en céréales de l’époque, Élodie (@lodeetwit) a trouvé ces chiffres pour la Prusse et le Brunswick au XVIIe siècle (http://medieval.mrugala.net/Paysan/Agriculture.txt)

seigle : 7,6 à 8,2 quintaux/ha
avoine : 3,7 à 5 quintaux/ha

Les rendements pour chez nous ne devaient pas être beaucoup différents.

On peut estimer que la pièce de terre pouvait fournir environ 3 quintaux de seigle et 1,5 quintal d’avoine.

En prenant pour hypothèse un poids de 700 kg/mètre cube pour le seigle et 400kg/mètre cube pour l’avoine, les quantités à fournir par les fermiers représentaient environ 15 % de la récolte pour le seigle et 20 % pour l’avoine.

J’ai bien entendu essayé de trouver où se situait cette pièce de terre. Le plus vieux cadastre en ligne trouvé sur le site des archives du Calvados date de 1828.

La solution la plus approchante que j’ai trouvée se situe Sections C2 du Mesnil avec une pièce nommée « Le Brier » au sud de laquelle passe le « chemin vicinal de Saint Remy à Saint Clair » , chemin qui passe par La Mousse.


D’après le cadastre actuel, l’ensemble des parcelles nommées « Le Brier » mesure presque 28 000 m². Je suppose que la pièce de terre en question devait se trouver au sud, le long du chemin.



En l’absence de documents d’époque, tout ceci ne reste que supposition !

lundi 22 novembre 2021

#ChallengeAZ - S comme Soldats

En 1688, le marquis de Louvois, secrétaire d’État à la guerre, initie une levée de miliciens provinciaux afin de seconder les troupes pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697).

Renvoyée chez elle en 1697, la milice est recréée de 1701 à 1714 pendant la guerre de Succession d’Espagne.

En 1726, le marquis de Breteuil fait de la milice provinciale une troupe permanente dont l'objectif est d'« avoir toujours sur pied dans l'intérieur du royaume un corps de milice qui, s'exerçant pendant la paix au maniement des armes, sans déranger les travaux qu'exige l'agriculture, ni sortir des provinces, pût être prêt à marcher sur les frontières pour en augmenter les forces dans les besoins les plus pressants de l'État. » C'est sous cette forme qu'elles servirent pendant les guerres de Succession de Pologne (1733-1738), de Succession d'Autriche (1741-1748) et de Sept Ans (1756-1763).

6 hommes de Saint-Omer, nés entre 1715 et 1725, sont décédés soldats entre 1743 et 1747.

Il semble donc que ce soit pendant la guerre de Succession d’Autriche.

1) Adam PIEL est né le 26 août 1715 de Philippe et Catherine BOISSAYE.
Il est tué à l’armée de 12 août 1744 « au combat de la ville de Saverne dans le Basse Alsace », il avait un peu moins de 29 ans.
En 1744, pendant la guerre de Succession d'Autriche, Saverne subit un moment d'occupation par les pandoures du baron de Trenck.(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saverne#Temps_modernes).


2) François FORTIN naît le 17 mars 1720, il est le fils de Michel FORTIN et de Marie PIEN. Il meurt à 22 ans « à la guerre » en 1743


3) François BRUNET, fils de Jean et Magdeleine FORTIN, voit le jour le 18 août 1721. Il part pour la milice le 9 février 1743 et décède à Metz 8 mois plus tard, le 9 octobre 1743. Il avait 22 ans.



4) Jean HUBERT est né le 29 avril 1724, Il est le fils de Pierre et Françoise FORTIN. Il décède « à l’armée » en 1747.


5) Jean GUÉRIN vient au monde le jour de Noël 1724, ses parents sont Jacques GUÉRIN et Marie LEFEBVRE. Il meurt le 3 octobre 1746 à l’hôpital militaire de Charleroi où il était en garnison.



6) Fils de Guillaume GUÉRIN et de Marguerite ISABEL, Jacques GUÉRIN est né le 22 janvier 1725. Il décède âgé de seulement 20 ans à l’hôpital de la ville de Givet (Ardennes).