vendredi 27 août 2021

Lettre d’un père à son fils

Dans le carton de photos que mon papa a récupéré après le décès de ma grand-mère, il n’y avait pas que des photos, il y avait aussi une lettre.

Elle est adressée à Firmin Léopold GUÉRIN, à l’Hôpital Février, salle 37, à Châlons-sur-Marne.



Elle est signée par E. GUÉRIN, le père de Firmin et est datée du 1er octobre 1915.



Transcription :

La Selle-la-Forge 1er octobre 1915
Bien cher enfant Firmin
J’ai reçu tes deux cartes aujourd'hui
l’une du 25 l’autre du 29 hier une du
23 il nous ennuyait beaucoup de ne
rien recevoir de ta part, le major disait
dans la première maladie au début
en observation, dans celle du 25 reçue
mardi (amélioration) je vois dans ta
dernière que tu as encore de la fièvre, il
vaudrait mieux pour toi que tu reste en-
core quelques jours à Châlons d’ici que la
fièvre soit retirée, avant que de t’envoyé
plus loin, cela pourrait te faire de l’effet
étant si faible comme tu dois être, surtout
ne fais pas d’imprudence, écris nous souvent
Charles est à l’hôpital aussi, il a été opéré
il a un abcès au bas des reins, effet de la
selle de cheval, espérons que cela ne va pas
duré pour lui mais pour toi il faut le temps
surtout pas d’imprudence. Pour nous ça va
assez pour le moment. Hervé est parti

(suite sur le côté)
de mercredi, nous sommes presque seul, enfin on s’arrangera
comme on pourra ton tout dévoué père qui te souhaite meilleur santé


Firmin Léopold GUÉRIN est mon arrière-grand-père. Il est né le 7 avril 1890 à La Selle-la-Forge.
Il appartient donc à la classe 1910.
Il est plutôt grand pour l’époque, il mesure 1m73. Il est blond aux yeux bleu clair.
Il est incorporé au 1er régiment de cuirassiers le 2 octobre 1911.

Firmin dans son uniforme du 1er régiment de cuirassiers

Passé dans la réserve le 8 novembre 1913, il est rappelé à l’activité le 1er décembre 1914, il part aux armées le 7 juillet 1915 et y reste jusqu’à son envoi en congé illimité le 5 août 1919.

Sa fiche matricule ne fait pas mention de son hospitalisation.

Firmin avec son uniforme du 255e régiment d'artillerie
qu'il a incorporé le 1er avril 1917


Charles, dont il est fait mention dans la lettre est son frère aîné : Charles Frédéric GUÉRIN, né le 24 septembre 1878. Il est plus grand que son frère, il mesure 1m75 et a les cheveux, les sourcils et les yeux châtain clair.
Il effectue son service du 16 novembre 1899 au 20 septembre 1902 au 26e régiment d’artillerie. Il passe dans la réserve avec le grade de Maréchal des Logis.
Il est rappelé à l’activité le 3 août 1914 au 44e régiment d’artillerie. Il passe toute la guerre aux armées et est envoyé en congé illimité le 2 février 1919. Il obtient le grade d’adjudant le 18 mars 1918.
Sa fiche matricule ne fait pas non plus mention de son opération.

J’ignore qui est Hervé dont parle son père, il n’y a pas de Hervé dans sa fratrie, ni dans sa famille proche.

Charles et Firmin ont 4 autres frères, tous ont participé au conflit.

Paul Victor GUÉRIN est né le 25 janvier 1880. Plus petit que ses frères, il mesure 1m70. Il a les cheveux et sourcils châtain clair et les yeux bleu.
Il a obtenu un sursis car son frère est au service. Il effectue son service du 14 novembre 1902 au 21 septembre 1903 au 104e régiment d’infanterie.
Rappelé à l’activité le 12 août 1914, il est évacué blessé le 7 septembre : il a reçu une balle dans la cuisse gauche. Vite guéri, il repart aux armées le 4 octobre 1914. Il obtient la croix de guerre pour avoir « fait preuve d’énergie et de sang-froid dans son emploi de brancardier ».
Il est envoyé en congé illimité le 8 février 1919.

Frédéric « Joseph » GUÉRIN est né le 18 mars 1882. Cheveux et sourcils châtains, yeux marron foncé, il mesure 1m65 et effectue son service du 16 novembre 1903 au 23 septembre 1906 au 36e régiment d'infanterie, il quitte l’armée avec le grade de caporal.
Rappelé à l’activité le 12 août 1914, il est tué à l’ennemi le 18 septembre 1914 à Rembercourt aux Pots, il avait 32 ans. Il laisse une veuve et 2 enfants alors âgés de 5 et 3 ans.

François Constant GUÉRIN voit le jour le 5 novembre 1884. Il mesure 1m76 et a les cheveux et sourcils brun, les yeux bleu.
Ajourné parce qu’un de ses frères est au service, il effectue le sien du 8 octobre 1905 au 18 septembre 1906 au 31e régiment d’artillerie.
Comme ses frères, il est rappelé à l’activité le 3 août 1914. Il intègre un régiment d’artillerie lourde en 1915. Il est envoyé en congé illimité le 5 mars 1919.
Il obtient aussi une croix de guerre : « très bon conducteur, a toujours fait preuve de courage et de dévouement, a assuré la ravitaillement dans des conditions particulièrement difficile ».

Eugène Cyrille GUÉRIN est né le 28 janvier 1887. Il mesure 1m71 et a cheveux et sourcils châtains clairs, yeux bleu.
Il effectue son service au 1er régiment de génie du 7 octobre 1908 au 25 septembre 1910.
Rappelé à l’activité le 3 août au 1er régiment de génie, il passe au 26e régiment d’artillerie en décembre 1917. Il est envoyé en congé illimité le 19 mars 1919.


Au moment où il écrit la lettre, Eugène Pierre GUÉRIN (1850-1927), mon arrière-arrière-grand-père a ses 5 fils au front, le 6e étant décédé 1 an auparavant.

Il a 65 ans et est cultivateur à La Selle-la-Forge. Il y vit avec son épouse Virginie Augustine HALBOUT (1854-1926), 61 ans au moment du courrier.
Eugène et Virginie, en 1920


Avec tous ses enfants au front et avec la perte de l’un d’entre eux, on comprend aisément qu’il encourage Firmin à prendre son temps pour se rétablir.

Fort heureusement, ses 5 fils reviendront vivant de la guerre mais quelle angoisse Eugène et Virginie ont-ils dû vivre pendant plus de 4 ans.

samedi 21 août 2021

Projet photos de mariage : « Paul et Jeanne GARNIER »

Cet article fait partie d'un projet que j'ai présenté dans cet article. (clic!)


Pour cette première photo de mariage, si j’en crois les annotations au dos de la photo, nous sommes en 1933 à La Selle La Forge au mariage de Paul et Jeanne GARNIER.

Et à droite de la photo, figurent, entourés au stylo, l’oncle et la tante de ma grand-mère, sa mère, son grand-père et sa tante et enfin ses cousins, sa sœur et elle-même.

Annotations au dos de la photo


Figurent donc sur cette photo, identifiés par ma grand-mère, les membres de sa famille proche.
 

Il y a donc :

- Cécile Victoire LECORNU (1897-1969), la tante maternelle de ma grand-mère et son époux Marcel Maurice « Louis » FILOCHE (1899-1985).

– Louise Marie LECORNU (1893-1952), mon arrière-grand-mère


- Victor François Alexandre LECORNU (1867-1946), mon arrière-arrière-grand-père, le père de Louise et Cécile.


- Estelle « Élisa » Vitaline LECORNU (1857-?), tante de Victor et donc mon arrière-arrière-arrière-grande-tante. Grâce à l’annotation de ma grand-mère, j’apprends qu’elle est restée célibataire.


- Raymond Pierre Victor FILOCHE (1925-2006) et Victor Louis FILOCHE (1928-2011), les cousins de ma grand-mère. J'ai bien connu Victor qui venait aider papa à la ferme notamment lors des corvées d'ensilage pour lesquelles il fallait pas loin d'une dizaine de tracteurs et remorques.


- Denise Angèle GUÉRIN (1922-2009), sœur de ma grand-mère


- Yvonne Marie Élisa GUÉRIN (1920-2010), ma grand-mère


Mais qui sont donc Paul et Jeanne, les mariés ?

Grâce aux tables décennales en ligne sur le site des archives départementales de l’Orne, je découvre qu’il s’agit de Paul Gérard Vital GARNIER et de Jeanne Marguerite Clémence PARIS et qu’ils se sont mariés à La Selle-la-Forge le 5 juin 1933.

Toujours grâce à ces mêmes tables décennales, je trouve leurs dates de naissance dans la même commune en 1911 pour lui et 1914 pour elle.

Les actes n’étant pas en ligne mais ayant plus de 75 ans, je décide d’en demander une copie à la mairie de la Selle-la-Forge, copies que je reçois très rapidement après leur demande, merci à la réactivité de la mairie!

Jeanne Marguerite Clémence PARIS, née le 28 mars 1914, est la fille de Auguste Joseph PARIS et de Berthe Marie Irène PASQUET. Tout deux sont présents au mariage et sont âgés d’environ 52 et 45 ans. Je suppose qu’il s’agit des 2 personnes à droite de la mariée.



Paul Gérard Vital GARNIER est né le 21 mai 1911. Son père est Jean-Baptiste Eugène GARNIER et Marie Victorine Désirée LECORNU. Au mariage de Paul, sa mère est présente mais son père est décédé. La mère de Paul est peut-être cette personne, elle était âgée de 48 ans à la date du mariage.



Parmi les noms des parents des mariés, un m’est particulièrement familier : celui de LECORNU, c’est en effet le nom de naissance de la mère de ma grand-mère. Je décide donc de laisser de côté l’ascendance de la mariée et de me concentrer sur celle du marié, enfin surtout sur celle de sa mère.

Mais je n’ai pas de Marie Victorine Désirée LECORNU dans mon arbre…


Dans les tables décennales, je trouve le mariage de Jean-Baptiste Eugène GARNIER et Marie Victorine Désirée LECORNU le 7 octobre 1909 à La Selle-La-Forge. Je présume donc que la mariée et/ou le marié sont originaires de la commune mais malheureusement, je ne trouve ni l’un, ni l’autre dans les tables de La Selle-la-Forge.


À tout hasard, je décide de regarder la base des morts pour la France sur le site « Mémoire des Hommes »  et j’y trouve Jean-Baptiste Eugène. Il est décédé à Verdun le 3 juin 1916. Je découvre qu’il est né le 26 février 1880 à Beauchêne. Mais cela ne me donne pas de piste pour retrouver son épouse.


Je décide alors de consulter les recensements de la Selle-la-Forge, Paul y est né, sa mère s’y est mariée et y vit encore à la date du mariage en 1933.

Et je commence par ceux de 1921. Pourquoi ceux-là ? Parce que le lieu de naissance des individus y est indiqué.

Et j’y retrouve ma famille ; Marie, veuve GARNIER est avec ses 2 enfants Paul né en 1911 et Marie en 1914. Vit avec eux, la mère de Marie, Victorine.


Et là, surprise, il est indiqué que Marie est née en 1885 à La Selle-la-Forge. Et pourtant, après une vérification, elle ne figure pas dans les tables décennales.

Je vais donc consulter les registres et je la trouve bien née à La Selle-la-Forge, elle a donc été oubliée au moment de l’établissement des tables décennales.


Marie Victorine Désirée LECORNU est née le 25 avril 1885 de Constant Arsène « Vital » LECORNU et de Anne « Victorine » LECORNU.

Et là, je fais enfin le lien : son père est dans mon arbre, il est le frère du grand-père de mon arrière-grand-mère, soit l’oncle de mon arrière-arrière-grand-père. La mère du marié et le père de mon arrière-grand-mère était cousins germains.

Un dessin valant mieux que tous les discours, voici sous forme d’arbre, le lien entre le marié et mon arrière-grand-mère (et moi !).


Mais ma curiosité était titillée par le fait que les 2 parents de Marie Victorine Désirée, Constant Arsène « Vital » et Anne « Victorine » étaient tous les 2 des LECORNU. Et s’il y avait un lien ?

Bon, je vous le dis de suite : il y en a un !

Après une recherche rapide via Filae et Geneanet, je trouve que les parents de Anne « Victorine » sont Jean Baptiste LECORNU et Marie Anne Julienne LELIÈVRE.

Et Jean-Baptiste est le frère de Louis François (1792-1857), lui même père de François (1815-1884), père de Constant Arsène « Vital ».

Le père de Anne « Victorine » est donc le frère du grand-père de son époux.

Un p’tit dessin pour mieux comprendre :




Grâce à la base INSEE des décès, je sais que Paul est décédé à Flers le 12 septembre 2009 âgé de 98 ans et Jeanne à La Selle-La-Forge 10 ans plus tôt, le 4 juin 1999 à l'âge de 85 ans.


Et voilà, la première enquête de mon projet photo est bouclée.

Si des descendants de Paul et Jeanne passent par ici, je serai ravie d’échanger avec eux.


À bientôt pour une nouvelle enquête.

vendredi 20 août 2021

Projet "Photos de mariage" - teasing

Suite au décès de ma grand-mère paternelle il y a une dizaine d’année, mon papa a récupéré un carton rempli de vieilles photos et notamment des photos de groupe de différents mariages.

Heureusement pour moi, ma grand-mère avait eu l’idée de noter au dos, a minima le nom des mariés, parfois une date et parfois quelques renseignements complémentaires.

Grâce à ces annotations, je me suis aperçue que certains des protagonistes de ces photos n’apparaissaient pas dans ma généalogie et j’ai donc voulu savoir quel lien unissait ces personnes à ma famille.

J’ai donc entrepris de faire des recherches pour voir comment ces gens se reliaient à l’arbre familial. Le fait de me pencher plus précisément sur ces photos m’a aussi permis de m’apercevoir que bien souvent, mes arrières-grands-parents (parents de ma grand-mère), et parfois aussi mes arrières-arrières-grands-parents, apparaissaient sur ces photos.

Tel est le point de départ de ce nouveau projet que je vous partagerai sur mon blog.

L’idée de ce partage est aussi, pourquoi pas, de trouver des descendants des couples de mariés qui seraient peut-être heureux de mettre un visage sur leurs ascendants.

Tous ces mariages ont eu lieu dans la région de Flers, dans l’Orne, des années 1910 aux années 1940.

À bientôt sur mon blog pour suivre la progression de mes enquêtes sur ces photos.

Quelques une des photos de mariage trouvées dans le carton.

dimanche 30 mai 2021

#Généathéme de mai 2021 : histoires de remariages

Geneatech a relancé les Généathèmes, celui de ce mois est : histoires de remariages.



Comme d’habitude, premier réflexe, voyons voir ce qu’ils se passe dans ma généalogie.


Si je fais une recherche d’individus dont le nombre d’unions est supérieur ou égal à 2, j’ai 173 individus, collatéraux compris, j’en ai encore 78 dans les ancêtres directs de mes filles.

Je tombe à 11 tout compris et 6 dans la lignée sosa pour un nombre d’unions supérieur ou égal à 3.

Je n’ai pas d’individus s’étant marié 4 fois ou plus.


Afin de réduire la liste des candidats avec 2 mariages ou plus, je décide d’ajouter un critère d’écart d’âge entre époux que je fixe à, soyons fou, supérieur ou égal à 20 ans.

Je me retrouve alors avec 9 individus, j’écarte ceux dont la date de naissance est approximative et j’ai enfin mes 5 lauréats.

Dans la croyance populaire, on pense souvent à l’homme d’âge mûr qui épouse une petite jeunette, rarement à l’inverse, voyons ce qu’il en est parmi les ancêtres de mes filles.


1 - Un seul des 5 a 3 unions, il s’agit de Georges SERVAIN dont la première épouse avait 30 ans de plus que lui. Il avait fait l’objet d’un #RDVAncestral que je vous invite à (re)lire ici.



2 - Marie Modeste Félicité COQUIN est née le 5 avril 1786 à Saint-Sylvestre-de-Cormeilles dans l’Eure. En 1808, elle épouse en premières noces Louis Antoine TROTTIER, elle a 21 ans, il en a 24. Ils vont avoir 5 enfants. Louis Antoine décède en 1830 à seulement 46 ans. Marie a 43 ans. Ses enfants ont entre 11 et 22 ans.

Elle se remarie le 18 février1841 alors âgée de 54 ans, son époux Jean Baptiste Crisostome HAROU a seulement 32 ans, soit 22 ans de moins qu’elle.

Sa dernière fille s’est mariée 1 mois auparavant, peut-être ce mariage est-il destiné à ce qu’elle ne se retrouve pas seule ?

Elle décède à 79 ans en 1865, son second époux lui survit et décède en 1878 âgé de 69 ans.



3 - Jean Armand CHION voit le jour à Bouquetot dans l’Erre le 30 août 1767. Il n’a que 17 ans quand il épouse en 1785 Françoise Élisabeth OUIN alors âgée de 41 ans, soit un écart d’âge de 24 ans. Vers 1789 naît Jean Edouard, l’ancêtre de mes filles, je ne sais pas encore s’ils ont eu d’autres enfants.

Françoise décède en 1819 âgée de 75 ans.

Jean épouse en secondes noces Clotilde Cécile Félicitée SASSEIGNE en 1825 : il a 57 ans, elle en a 47.

Ses 2 épouses avaient donc 34 ans de différence.



4 - Pierre Paul HARLET est né le 24 janvier 1777 à Hauville, toujours dans l’Eure. Lui aussi n’a que 17 ans quand il épouse le 3 pluviôse an III (22 janvier 1795) Françoise Rose DUVAL âgée de 36 ans, soit 19 ans de plus que lui. Je ne sais pas s’ils ont eu des enfants. Françoise décède le 11 janvier 1815 âgée de 56 ans.

Le veuvage de Pierre est de courte durée puisque le 13 juin 1815, 5 mois après le décès de son épouse et alors qu’il a 38 ans, il épouse Catherine Désirée GROUT âgée de seulement 17 ans. Ils auront ensemble 6 enfants dont le premier ne naîtra que 2 ans plus tard.

Pierre décède en 1855 à 78 ans, son épouse s’éteint à son tour en 1858 à 60 ans.

La différence d’âge entre les 2 épouses de Pierre est de 40 ans.


5 - Richard Denis COUTURIER vient au monde le 8 octobre 1793 à Appeville-Annebault dans l’Eure.

Il a 21 ans quand, en 1814, il épouse Marguerite Françoise MAILLET qui a 38 ans, soit 17 ans de plus. Ils ont au moins 1 enfant qui est l’ancêtre de mes filles. Marguerite décède à 75 ans le 20 avril 1851.

9 mois plus tard, le 18 décembre 1851, Richard alors âgé de 58 ans se remarie avec Rose Eugénie LEFRANÇOIS âgée de seulement 27 ans, de 31 ans sa cadette. J’ignore s’il a eu une descendance avec cette seconde épouse. Pierre décède à 76 ans en 1870.

Richard bat tous les records avec un écart d’âge entre ses 2 épouses de 48 ans !!




Voici donc les 5 ancêtres de mes filles qui cumulent plusieurs mariages et différence d’âge entre conjoints élevée.

Coïncidence amusante, tous les 5 sont originaires du département de l’Eure alors que les ancêtres de mes filles ne sont pas issus majoritairement de ce département.
J'avais fait un graphique représentant les départements d'origine de mes filles dans cet article.  

Les mariages à grande différence d’âge seraient-ils une spécialité départementale ?

En tout cas, ce petit voyage parmi les ancêtres m’a permis de constater que j’ai encore bien des recherches à mener !

samedi 17 avril 2021

Au revoir Papy(s)

 Il y a des semaines comme ça, un peu funestes…

En une semaine, mon chéri a perdu 2 papys, son papy biologique et son papy de cœur.

Reposez en paix papy Claude et papy Roland!

Papy Claude
20/02/1936-08/04/2021

Papy Roland
18/05/1930-15/04/2021


vendredi 9 avril 2021

#Généathème d’avril 2021 : les naissances multiples

Geneatech relance les Généathèmes qui avaient été lancés par Sophie de la Gazette des ancêtres.


Le généathème de ce mois est : les naissances multiples.




Dans mon arbre, c’est à dire en comptant les ancêtres directs de mes filles mais aussi les collatéraux, j’ai 28 paires de jumeaux, nés entre 1658 et 2009. Je n’ai pas trace de naissances plus nombreuses.

Parmi eux, 5 sont des ancêtre directs de mes filles :

- Jacques DELAUNAY est né le 7 février 1658 à Flers (Orne), il est le fils de Pierre DELAUNAY (1610-1660) et de Catherine LEPAGE (1610-1678). Il se marie avec Anne PROFICHET (1671-?) en 1686 et décède à 71 ans en 1730.

D’après des arbres trouvés sur Geneanet, son frère, Nicolas DELAUNAY a aussi vécu, il s’est marié en 1679 et est décédé en 1743 à 85 ans.

Jacques est un ancêtre à la 12e génération pour mes filles.




- Magdeleine EUDES voit le jour le 2 mars 1781 à Bellou-en-Houlme (Orne), ses parents sont Jacques Charles EUDES (1746-1786) et Marie Françoise GONDOUIN (1744-1804). Elle épouse Jean François ROBET (1773-1846) en 1801 et décède en 1851 âgée de 71 ans.

Son frère Louis EUDES se marie en 1804 avec Jeanne Françoise OLLIVIER et décède à 57 ans en 1838.

Magdeleine appartient à la 8e génération.




- Nicolas Michel DUCLOS est né pendant la période révolutionnaire le 16 floréal an III (5 mai 1795) à Saint-Benoît-Des-Ombres (Eure) de Georges Philippe DUCLOS et de Marie Catherine Marguerite PETIT. Il se marie en 1816 avec Marie Marguerite Rose BELIN (1798-1834) en 1816 et décède à 59 ans en 1854.

Son frère Pierre Charles DUCLOS ne vit que 3 mois.

Nicolas Michel se situe à la 9e génération.



- Guillaume COLOMBEL (ou COLOMBELLE) a vu le jour à Hauville (Eure) le 26 mai 1787, fils de Antoine COLOMBEL (1752-1816) et de Marguerite QUESNEY (1752-1822). Il se marie avec Marie Victoire NOURRI (1794-1846) en 1821 et décède en 1861 à l’âge de 73 ans.

Son frère Antoine vit et se marie en 1821.

Guillaume appartient à la 8e génération.




- Boniface Ferdinand COLOMBELLE est né le 22 octobre 1824 à Hauville (Eure), il est le fils de Guillaume COLOMBEL et de Marie Victoire NOURRI évoqués ci-dessus . Il épouse Clotilde Désirée LEVAVASSEUR (1819-1891) en 1847 et décède à 85 ans en 1909.

Son frère Victor Édouard ne vit que 4 mois.

Il se situe à la 7e génération.  



Il y a une autre paire de jumelles dans sa fratrie. Sa famille avait été l’objet d’un article sur mon blog dans le cadre d’un #RDVAncestral.


dimanche 4 avril 2021

#Tranche de vie – mariage, concubinage, enfants naturels...

Nous sommes le 31 décembre 1818 à Barentin, en Seine-Maritime. Aujourd’hui, on marie Jean Félix JONQUÈS et Louise Marie Anne Brigide LANGLOIS.

Jean Félix a 20 ans, il est journalier. Ses parents sont Paul Jean Baptiste JONQUÈS (1768-1826) et Marie Anne Madeleine HAUSSECORNE.

Louise Marie Anne Brigide a seulement 17 ans, elle est fileuse. Elle est la fille de Brigide Elizabeth LANGLOIS et d’un père inconnu.

Il y a urgence à les marier. En effet, 2 jours plus tard, le 2 janvier 1819 Louise « Aimée » JONQUÈS vient au monde.

Mais ce mariage précipité n’est peut-être pas voué à la stabilité.

Le 11 septembre 1822, Louise Marie Anne Brigide demeure à Pavilly, chez la veuve PLAQUEVENT. Elle y accouche d’un enfant naturel Eugène Théophile. Cet enfant ne vit malheureusement que 27 jours et décède le 8 octobre.

Le 21 août 1825, Louise Marie Anne Brigide est chez sa mère et l’époux de celle-ci, Jean-Baptiste AGIS sur la commune de Villers-Chambellan quand elle accouche d’un troisième enfant, Jean Jacques Félix. C’est Jean Félix qui va le déclarer comme étant bien son fils à la mairie, ce dernier vit alors dans la commune voisine de Barentin.

Pierre Augustin, le 4e enfant de Louise, le 3e du couple, vient au monde à Barentin le 5 octobre 1828. Louise et Jean vivent alors ensemble.

Ont-ils essayé malgré tout de sauver leur mariage à une époque où le divorce n’était pas permis ?

Mais, la suite va montrer qu’ils n’y sont pas parvenus…

Il n’auront pas d’autres enfants pas la suite.

Mais une petite Aglaé « Eugénie » JONQUAIS vient au monde le 8 septembre 1833. Son père est Jean Félix et sa mère Marie Anne Aglaé BOIVIN.

Sur le recensement de 1836, on découvre que Jean Félix vit avec Marie Anne Aglaé et 2 enfants : Eugénie et Charles Julien. Le nom de BOIVIN est attribué aux 2 enfants.

On découvre ainsi dans les registres de Barentin 6 enfants naturels de Marie Anne Aglaé, tous déclarés par Jean Félix.

Ils sont tous enregistrés sous le nom de BOIVIN :

- Julien Porphire « Charles » (1835-1837)

- Charles Stanislas (1836-1855)

- Marie Henriette (1839-1896)

- Victorine Alexandrine (1840)

- François Hippolyte « Théophile » (1841)

- Désirée Maria (1843-1844)

Sur le recensement de 1841, Jean Félix vit avec Marie Anne Aglaé et les enfants.

Même si à part Eugénie, la première née en 1833, aucun enfant n’a officiellement Jean Félix comme père, les déclarations de naissance et la vie commune laissent peu de doutes quant à la paternité des enfants mais rien n’est officiel.

Malheureusement pour ces enfants, Jean Félix étant toujours officiellement marié à Louise Marie Anne Brigide LANGLOIS, il n’avait pas la possibilité de les légitimer.

Pendant ce temps-là, aux recensements de 1836 et 1841, Louise « Aimée » et Jean Jacques Félix, les enfants légitimes de Jean Félix vivent chez leur grand-mère Brigide Elizabeth LANGLOIS et son époux Jean-Baptiste AGIS. Je n’ai pas encore retrouvé la trace du plus jeune, Pierre Augustin mais ils n’apparaît pas sur les recensements avec son frère et sa sœur, peut-être est-il décédé en bas-âge.

La vie aurait pu continuer plus ou moins paisiblement pour Jean Félix et sa concubine mais hélas, le 1er mars 1844, Jean Félix décède âgé seulement de 40 ans laissant Marie Anne Aglaé seule avec 6 enfants dont la plus jeune a à peine 1 an. Cette plus jeune enfant décède seulement 3 mois après son père présumé.

Marie Anne Aglaé est alors seule avec 5 enfants sans père reconnu.

Elle doit trouver du réconfort dans les bras d’un autres (ou d’autres?) homme, en 1845, 1846 et 1849, elle met de nouveau au monde 3 enfants naturels : Adelphine Célestine, Narcisse Zacharie, Louis Napoléon.

Les 3 sont déclarés par le même homme : Narcisse PEINTURIER, journalier. Il est même précisé dans 2 des 3 actes de naissance qu’il a « assisté à l’accouchement ».

Malheureusement, les recensements de 1846 ne sont pas disponibles. Ils auraient peut-être permis de voir si Aglaé vivait seule ou avec un nouveau compagnon.

Le seul Narcisse PEINTURIER trouvé dans la région était marié à une autre et décède en 1850.

Marie Anne Aglaé aura ensuite encore 2 enfants naturels : Louis Amédée en 1851 qui ne vivra que 4 mois et Eugène Stanislas en 1852.

Sur le recensement de 1851, Marie Anne Aglaé vit seule avec ses 8 enfants survivants, âgés de 3 mois à 17 ans.

Malheureusement pour ses enfants, Aglaé pousse son dernier souffle à seulement 40 ans le 9 février 1855.

Jamais mariée, elle aura eu 12 enfants naturels.

A son décès, il en reste 8 en vie.

Si les aînés sont en âge de travailler et restent aux alentours de Barentin, les plus jeunes vont être confiés à l’hospice général de Rouen.

Le plus jeune Eugène Stanislas y décède à 3 ans en juin 1855, 3 mois après sa mère.

Je perds la trace de Louis Napoléon qui a 6 ans au moment du décès de sa mère.

Je retrouve le 3e, Narcisse Zacharie âgé de 9 ans au moment du décès de sa mère, à Bouillancourt-En-Séry dans la Somme où il se marie en 1873. Il y décède à 53 ans en 1900.

Sur ses actes de mariage et de décès, il est indiqué qu’il est enfant des Hospices de Rouen et que sa filiation est inconnue. A-t-il pu oublier sa mère alors qu’il avait quand même 9 ans à son décès ? Ignorait-il vraiment qu’il avait eu 11 frères et sœurs ? En 1873, à la date de son mariage, il y en avait encore au moins 4 en vie.

A son mariage, il légitime 3 filles nées en 1869, 1870 et 1872, espérons qu’elles aient eu une enfance plus sereine que la sienne.



Louise "Aimée" JONQUÈS, première née de Jean Félix et de Louise Marie Anne Brigide LANGLOIS  est la grand-mère du grand-père de la belle-maman de mon époux.
 

Suite à la diffusion par Geneatech de nombreuses vidéos pendant l'évènement "Le mois Geneatech" qui a eu lieu en février, et notamment celle sur l'outil Frisechronos, je me suis essayée à l'exercice de création d'une frise sur ce site Frisechronos.


Frise réalisée grâce au site Frisechronos (clic pour agrandir l'image)